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Rédigé par Kate Cummings (Directrice du programme DI-MENA) et Rim Othman (Traductrice -Interprète DI-MENA)

Pendant que la Tunisie témoigne une période cruciale dans la sélection d’une commission électorale et la finalisation de sa loi électorale,  Democracy International (DI) a commencé à  tester ses outils de cartographie. le  réseau  Mourakiboun, un corps indépendant d’observation électorale en Tunisie , agira en tant que partenaire de Democracy International, en créant la première carte des 4800  bureaux de vote dans le pays , en utilisant à la fois la technologie de cartographie en ligne et en effectuant des visites sur le terrain grâce aux tablettes électroniques compatibles GPS. L’objectif de Mourakiboun est de fournir une carte dynamique aux fonctionnaires électoraux, partis politiques, organisations de la société civile et aux autres parties prenantes afin d’allouer les ressources humaines et financières et promouvoir une plus grande transparence et redevabilité dans les prochaines élections. Le produit final sera publié sur la prochaine plate-forme web Tunisia Election Data (TED), un réseau centralisé pour les données liées aux élections permettant au public de naviguer librement sur la carte des centres de vote et télécharger les données brutes.

Avant de remettre les tablettes et manuel de formation aux 54 volontaires de Mourakiboun, l’équipe de Democracy International – région MENA a mené une série de tests pour recenser les difficultés, les possibilités et surprises auxquelles nos cartographes de terrain pourraient être confrontés. Tout d’abord, nous avons soigneusement sélectionné nos terrains d’essai – les gouvernorats du Nord Ouest Tunisien : Kef, Beja et Jendouba, qui sont les moins cartographiés. Nous avons choisi ces trois gouvernorats, vu qu’ils sont représentants des défis qu’on pourrait rencontrer dans la majorité des gouvernorats :

1) de grandes étendues rurales où les écoles primaires (qui serviront de bureaux de vote) sont éparpillés un peu partout

2) un terrain inaccessible qui peut ralentir le processus de mappage

3) des écoles sans adresses qui nécessitent une recherche plus créative.

Notre équipe de mappeurs a visité les gouvernorats du Kef, Jendouba et Beja pour tester les outils de cartographie

Partis tôt le matin avec des tablettes à la main Samsung Galaxy Tabs, nous avons commencé à tracer la route principale à l’aide d’OSMTracker, un sous-produit du projet qui permet à tracer les routes de la Tunisie que nous traversons vers chaque école. Avec notre liste d’écoles et l’application MapsWithMe Lite, nous avons commencé avec les écoles situées le long de la route. Il ya des signes clairs qui peuvent aider nos mappeurs, comme le mât porte-drapeaux et la clôture ceinturant le parc. Il s’agit généralement d’un bâtiment en forme de U ou L et/ou avec une cour. On s’est parfois retrouvé sur des routes non répertoriés pour trouver les écoles les plus éloignées (avec OSMTracker, bien évidemment).

Par la suite, nous sommes passés à MapsWithMe Pro, pour seulement $ 4,94 avec un service plus avantageux. Avec MapsWithMe Pro, nous pourrions marquer chaque école et avoir les coordonnées GPS automatiquement enregistrées, qui seront par la suite téléchargées sous forme de fichier KML. Nous nous sommes assurés d’enregistrer les coordonnées de chaque école sur notre liste de sauvegarde imprimée. Dans les zones les plus rurales, nous nous sommes appuyés uniquement sur l’assistance des passants qui nous ont facilité la recherche. Cependant, on s’est rendu compte que tout le monde n’ait pas pu nous donner les bonnes directions  – tel un berger sur son téléphone portable (dans la photo ci-dessous) qui a fini par nous  donner de fausses indications. Nous en sommes venus à compter plus sur les indications des instituteurs qu’on a pu apercevoir aux alentours des écoles tôt le matin (à l’heure du déjeuner et la fin de la journée), qui nous ont offert toute information nécessaire pour déterminer la voie la plus efficace vers la prochaine  école.

Tous les chemins mènent à Rome!

Une autre leçon qu’on ne peut apprendre que sur le terrain : les enseignants, les élèves et les voisins sont protecteurs de leurs communautés, et bien que très disposé à aider, ils apprécient qu’on leur présente une pièce d’identité et un justificatif pour leur expliquer les motifs de notre recherche. Nous veilleront à ce que les cartographes de Mourakiboun soient munis de badges d’identification indiquant leurs rôles de cartographes et des observateurs.

L’exercice de cartographie à Jendouba, Kef et Béja a duré en moyenne 30 minutes pour mapper une école rurale et environ 10 minutes pour une école urbaine, avec une voiture de location et cartographes fonctionnant à plein temps. Ceci nous amène à la question du transport. En fait dans les zones rurales, les taxis partagés qui assurent le transport des enseignants peuvent être loués à la journée, à une fraction du coût d’une location de voiture. Dans les villes, les taxis peuvent également être une meilleure option, car les chauffeurs ont souvent une bonne connaissance locale, bien que les itinéraires pré- désignés puissent les empêcher de quitter certaines zones. Les observateurs de Mourakiboun seront capables de cartographier les gouvernorats dans lesquels ils vivent pendant les weekends (en raison de la semaine de travail), en minimisant idéalement les chances qu’ils seront en terrain inconnu surtout en hiver où les journées sont plus courtes.

Un accueil chaleureux des élèves de Bou Salem, gouvernorat de Jendouba

 A suivre : pendant le mois de Décembre, Democracy International préparera 54 observateurs pour compléter ses efforts de cartographie en ligne avec des visites de terrain des écoles difficiles à trouver. Veuillez consulter notre blog pour suivre l’avancement de notre projet.