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L’envoi des rapports des élections via SMS est devenu un moyen de plus en plus commun pour aider les groupes d’observation des élections à collecter les données. L’avantage principal dans l’utilisation de ce système consiste en l’augmentation de la vitesse de collecte d’informations tout en réduisant la densité du travail au niveau des équipes centrales. Ce système peut aussi être d’une grande utilité dans la réduction des coûts de communication. Cependant, le recours à ce système dans les rapports d’observation demande, au moins, une évaluation infrastructurelle du système de télécommunications, une analyse coûts-avantages, et une révision du cadre électoral.

La première utilisation documentée du système des SMS dans l’observation des élections remonte à l’année 2005 :

Pendant les élections locales en Indonésie en 2005, les observateurs de LP3PSet JAMPPI ont été munis d’identifiants et invités à les envoyer par SMS vers un numéro de téléphone, une fois qu’ils étaient prêts à communiquer leurs rapports. Chaque observateur doit recevoir une réponse générée du serveur central indiquant le temps approximatif d’attente avant de répondre à l’appel d’un officier de la centrale de collecte d’informations.

L’année suivante, pendant les élections législatives Palestiniennes de l’année 2006, des observateurs de L’Institut National Démocratique (NDI), ont été invités à envoyer un SMS avec le numéro de code au bureau de vote dés leur arrivée. Le message a été reçu à travers un numéro portable relié via USB à un laptop à Jérusalem. Une base de données personnalisée devrait enregistrer le code et détecter par la suite l’emplacement de l’observateur.

Dans les deux cas, le système des SMS a été utilisé comme moyen de communication, mais à des fins limitées.  En 2006, ce système a été utilisé comme un moyen pour transmettre les résultats électoraux depuis les bureaux de vote jusqu’à la centrale pour aider à vérifier leur précision.

A cet effet,  le système des SMS a été utilisé pour la première fois comme un outil  principal pendant le referendum constitutionnel de l’année 2006.  Une ONG Monténégrine, le Centre de Transition Démocratique (CDT), s’est appuyé sur ce système pour aider à recueillir des résultats afin de vérifier l’impact d’un referendum clé sur le futur du pays.

Une approche similaire a été employée pendant les élections parlementaires du Bahreïn en 2006, qui ont été contestées par des douzaines de candidats et partis politiques. Des observateurs de la Société Bahreïnienne pour la Transparence (BTS) ont reporté les résultats des élections, avec assez de précision, à travers une série de messages en utilisant un système de codage sophistiqué pour la compilation des décomptes électoraux.

Depuis ces premières applications, les efforts d’observation des élections à travers le monde  ont employé le système des SMS, comme un moyen de collecte des données auprès des observateurs, pour des efforts d’observation à la fois traditionnels et basés sur des statistiques. Le système des SMS est couramment utilisé de nos jours pour transmettre l’information dans tous les domaines de l’observation ; y compris les processus avant et après les élections.

L’avantage le plus évident de l’utilisation des SMS est qu’il permet la transmission instantanée de l’information et par conséquent une analyse rapide de l’information. Le jour du scrutin, pendant que le public est en attente d’information concernant le processus électoral, le facteur temps est d’une grande importance. Dans certaines circonstances, l’utilisation des SMS peut permettre à un groupe d’émettre des rapports réguliers basés sur des évidences tout au long du jour des élections, pour calmer les situations tendues et promouvoir la confiance.

Ce système a également l’avantage de faciliter la gestion des données. Un système de rapports par SMS, couplé avec une base de données facile à utiliser peut aider à alléger le fardeau des observateurs; dont leur travail est de réviser, nettoyer et analyser l’information afin de rédiger des déclarations. (Dans les prochains articles, nous allons parler de la pratique des diverses composantes complémentaires du système de rapports par SMS et des études de cas.)

Un autre avantage possible est que le système de rapport par SMS peut parfois réduire le coût global de communication surtout lorsqu’un grand nombre d’observateurs sont déployés. Le rapport coût-qualité varie en fonction de la complexité du système utilisé et de ses composantes ; y compris le développement d’une base de données pour recevoir les messages et la mise en place d’une passerelle pour faciliter la transmission de ces messages.

Cependant, il n’est pas toujours nécessaire, ni pratique, ni encore rentable d’incorporer le système des SMS dans un exercice d’observation (et, dans certains endroits, ça pourrait être illégal d’utiliser le téléphone portable a l’intérieur des bureaux de vote !). Lors de la détermination de la possibilité et la manière d’employer ce système dans le cadre de votre plan de communication, plusieurs facteurs doivent être considères comme :

  • L’infrastructure des télécommunications: Il peut y avoir des régions du pays où le réseau du téléphone mobile est faible ou bien inexistant. Il peut même y avoir des lacunes de couverture entre un ou deux serveurs. Un observateur formé pour envoyer des rapports via SMS, mais déployé dans une région en dehors de son réseau peut être considéré comme gaspillage de sources. Il est donc important de consulter les principaux fournisseurs de services mobiles afin d’obtenir des cartes de couverture à l’avance.
  • Le facteur coût: le coût de déploiement de ce système varie en fonction du prix de l’envoi d’un SMS, l’élaboration d’une base de données, la mise en place d’une passerelle, et les agrégateurs des SMS, etc. Dans certains pays, les passerelles locales ne sont pas disponibles et une passerelle internationale doit être utilisée, ce qui peut éventuellement monter les coûts en flèche. De plus en plus, les services gratuits ou à faible coût, sont rendus publiques ; y compris FrontlineSMS et Clickatell. (Dans les articles à venir, nous allons examiner les différentes approches, outils et techniques qui peuvent aider à garder  les coûts réduits.)
  • Le facteur temps : à quelle vitesse voulez-vous (ou devez-vous) être capable de dire quelque chose? Ça ne peut pas être pratique d’utiliser les SMS si vous ne recueillez pas des informations sensibles au facteur temps ou bien, si vous avez l’intention de publier une déclaration rapide. Vous voudriez peut-être établir un calendrier échelonné de rapports pour faciliter la gestion des données et/ou donner la priorité à certains types d’information qui doivent être transmis rapidement. Le nombre de caractères (souvent entre 140 et 160 caractères), les coûts, et la complexité pour les observateurs, doivent tous être pris en compte dans le processus décisionnel.
  • Le cadre juridique : Les rapports SMS doivent toujours être appliqués en conformité avec les lois électorales du pays. Certains pays empêchent les individus d’utiliser les téléphones mobiles dans les bureaux de vote. En outre, la loi peut empêcher les groupes de faire des déclarations jusqu’à ce que le processus électoral soit terminé, et par conséquent, rendre la collecte de données par SMS, à des fins de notification rapide, sans importance.

Ce n’est qu’une liste partielle des considérations, besoins, coûts, avantages et défis qui peuvent varier considérablement d’un pays à l’autre, d’un groupe à l’autre et d’une mission à l’autre.

Dans les prochains articles, nous allons donner des exemples, études de cas, analyse de données, conseils utiles et différents outils qui peuvent vous aider à utiliser les SMS ou autres technologies mobiles dans l’observation des élections (Les applications Smartphone, l’argent mobile, etc.)

Si vous avez une question à propos de quoi que ce soit concernant le contenu ci-dessus, ou avez une expérience de première main en utilisant SMS pour recueillir des données, veuillez laissez un commentaire ci-dessous, nous aimerions avoir de vos nouvelles !